ALBERT SCHWEITZER   4 comments

Albert Schweitzer
1875-1965
Médecin, théologien protestant et musicologue français Un jour que le jeune Albert allait tirer les oiseaux avec une fronde de sa fabrication, il entendit dans le ciel les cloches de l’église résonner, mêlant leur harmonie aux gazouillis des oiseaux. Ce fut pour lui le premier appel du ciel. De ce jour « le commandement qui nous défend de tuer et de tourmenter, opéra en moi une crise morale. » Albert SCHWEITZER est né le 14 janvier 1875 à Kaysersberg (Haut-Rhin), en Alsace alors annexée par l’Allemagne, A cette petite localité catholique reste attaché le nom de Johann Geiler von Kaysersberg, grand prédicateur germanique (1445-1510), pour lequel fut ciselé la chaire de la cathédrale de Strasbourg où il prêcha en 1478. Il passe son enfance à Gunsbach (Munster) où son père, Charles Schweitzer, est pasteur et instituteur.

Albert Schweitzer est élevé au presbytère de Gunsbach. Chaque jour il parcourt les trois kilomètres dans la nature alsacienne; la terre, les bruits mystérieux, les arbres et les rivières inspireront plus tard Schweitzer qui tentera de traduire en vers son enthousiasme.
Cette paix ressentie au contact de la nature faite de joie et de plénitude, c’est par l’intermédiaire de la musique que Schweitzer va l’extérioriser. Après son premier contact avec les orgues du temple, il passe chaque jour plusieurs heures à jouer et se voit, encore enfant, confier la responsabilité musicale de l’office.

Pour ses études secondaires, il quitte l’école du village pour Münster, puis pour le lycée de Mulhouse en 1885, pendant 8 ans. Là, il habite chez son oncle Louis où la discipline qui règne est rigoureuse. Ses études sont studieuses et les résultats satisfaisants. Son professeur de musique est Eugène Münch; à l’âge de quinze ans, il joue sur l’instrument de l’église Saint-Etienne, orgue à 3 claviers et 62 jeux; puis à seize ans il donne son premier concert avant de devenir l’élève puis l’ami du célèbre musicien Charles-Marie Widor.
A 18 ans, après son baccalauréat et son service militaire à Strasbourg 143e d’infanterie), il résolut de mener de front, la théologie, la philosophie aux Universités de Strasbourg (Kaiser-Wilhelm-Universität) et Berlin ainsi que la musique. Il et reçu à son premier examen en théologie le 6 mai 1898. Afin de suivre les cours de philosophie en Sorbonne, Albert Schweitzer se rendit plus régulièrement à Paris à partir d’octobre 1898.
Il est docteur en philosophie le 2 août 1899; docteur en théologie et vicaire à l’église Saint-Nicolas de Strasbourg en 1900. Professeur à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg de 1902 à 1912, où il est chargé de l’enseignement du Nouveau Testament. Il écrivit de nombreux ouvrages consacrés à la musique, dont le célèbre « Jean-Sébastien Bach, le musicien poète », publié en 1905, soulignant le caractère religieux de la musique de Bach,

Albert Schweitzer était infiniment plus compliqué que le jeune homme que l’on découvre à travers « Souvenirs de mon enfance ». Son parcours est celui d’un homme de foi, de charité et d’espérance. Ses structures mentales sont trés complexes : sa langue maternelle est le dialecte alsacien, et ses langues de culture, l’allemand aussi bien que le français.

Ses idées politiques et religieuses le mettaient en porte-à-faux avec beaucoup de ses collègues: les pasteurs germanophiles, genéralement conservateurs, n’aimaient pas ce libéral, tandis que les pasteurs libéraux, souvent francophiles, n’aimaient pas ce partisan de l’Allemagne. Comme pour compliquer un peu plus le tout, le 18 juin 1912 il épousa une allemande de famille juive, Hélène Bresslau, dont le père devait être expulsé après 1918. Ce qui n’empêchait pas les deux fiancés de correspondre en français. Le jour de son anniversaire en 1919, sa femme donne naissance à sa fille Rhena.

Divers témoignages oraux de missionnaires, divers écrits, peut-être aussi la sculpture de Bartholdi érigée à Colmar évoquant le problème noir, lui ont révélé la misère physique des indigènes de la forêt vierge. Il semble alors à Albert Schweitzer que les hommes de couleur devraient pouvoir naturellement profiter des progrès et moyens efficaces contre la maladie et la douleur physique.

Son refus de modifier les coutumes indigènes – ce qui le condamnait à garder à son hôpital un côté archaïque ; à son aspect bourru comme ses réactions paternalistes, Albert Schweitzer avait, sur beaucoup d’autres, l’avantage de mettre sa vie en harmonie avec ses principes philosophiques et religieux.
Théologien

Schweitzer acquit sa réputation de théologien en publiant « Recherches sur la vie de Jésus » (1906) et la « Mystique de l’apôtre Paul » (1930), ouvrages dans lesquels il mit en lumière les croyances eschatologiques du Christ (Doctrine relative à la destinée humaine et à la fin du monde) et des auteurs des Écritures. Selon Schweitzer, Jésus échappe à la science historique comme à nos esprits modernes, ce qui caractérise sa personne comme son message, c’est l’attente et la foi en la venue prochaine du Royaume de Dieu. Le thème du Royaume de Dieu traverse toute l’œuvre du théologien alsacien qui se refuse à comprendre le christianisme comme une religion axée sur l’au-delà, mais bien comme un message éthique devant transformer le monde.
Médecin

En 1905, Schweitzer a 30 ans, il se replace sur les bancs de l’Université de Strasbourg pour étudier la Médecine et tenter la réalisation de ses idées, répondre à un appel de la Société des missions évangéliques de Paris qui cherche des médecins volontaires. En 1913, à l’âge de 38 ans il est docteur en médecine. Il décide tout de suite de partir pour la région du Haut-Ogoué au Gabon (colonie de l’Afrique-Equatoriale-Française depuis 1910). La Société des Missions met à sa disposition un bâtiment de Lambaréné pour construire un dispensaire. Il réunit lui-même les fonds qu’exigeait son entreprise : par ses concerts d’orgue, par la publication en trois langues de son ouvrage sur J.-S. Bach, par des amis qui lui viennent également en aide. C’est de Gunsbach, l’après-midi du vendredi saint 1913 que le Docteur Schweitzer et sa femme Hélène s’embarquent pour l’Afrique, il arrive à Lambaréné le 16 avril 1913 .

Il est inutile de préciser que la médecine a été sa raison de vivre et l’action sanitaire sa préoccupation essentielle. Cependant il n’est l’auteur d’aucune publication médicale, et n’a pas formé de médecins africains, il ne s’intéressait pas aux progrès de la technique et préférait la spéculation philosophique ou les responsabilités administratives. – « Au fond, reconnaissait-il, je suis resté théologien. »

Après la prise de contact un peu hésitante, malgré la beauté du site et l’accueil chaleureux de la population, le travail commence. Mais faire quelque chose avec rien, se heurter à chaque instant au manque d’outillage devient une véritable épreuve. C’est dans ces conditions qu’Albert Schweitzer devait commencer à exercer la médecine à Lambaréné.

Il y eut d’abord à régler la question de la langue. Un instituteur de la mission voisine qui devait servir à la fois d’infirmier et d’interprète refusa. Restait Ossoka, un jeune noir qui se destinait à l’enseignement et que le missionnaire de Lambaréné désigna pour assister provisoirement le « grand docteur blanc ». Ossoka ne se résigna pas tout de suite à ce brusque changement d’orientation mais l’accepta. Ainsi les premières images de l’homme noir qui apparurent à Schweitzer furent celles de cet adolescent résolument tourné vers un meilleur avenir et qui lui apportait une sorte d’espoir, de promesse, dont il n’oublierait pas le tonique réconfort.

Lambaréné est alors un village de quelques centaines de cases toutes identiques. La maison de Schweitzer est située sur une colline. A quelques dizaines de mètres, la forêt : monde grouillant où le danger succède au danger, l’insecte répugnant au fauve en chasse, cette chaleur humide, cet air irrespirable…

Toute cette nature ne procure aucune nourriture valable. Si les Portugais n’y avaient pas importé, à la fin du XVe siècle, le bananier, le manioc, l’igname et la patate, certaines tribus particulièrement défavorisées seraient encore géophages (mangeurs de terre). Cette question de nourriture devait représenter une des difficultés majeures de l’organisation de l’hôpital de Lambaréné.

Albert Schweitzer fit ses premières consultations dans un poulailler de Lambaréné qui faisait office de cabinet médical, elles ont d’abord lieu en plein air; le matin à partir de 8 h. 30, la journée s’achevant avec le jour vers 18 h. il a toujours voulu que ses malades continuent à voir le ciel c’est pourquoi le malade vit à l’hôpital aussi librement que possible entouré de son univers familier. Le dispensaire devint peu à peu un centre hospitalier de traitement de la lèpre et des maladies tropicales.

Albert Schweitzer effectuera ainsi 14 voyages pour l’Afrique, et selon sa volonté, y finir sa vie en 1965
Musicien

Nanti d’une solide formation d’organiste grâce à Eugène Münch, organiste de l’église réformée Saint-Etienne de Mulhouse et ancien élève du Conservatoire de Berlin, Schweitzer vouait déjà une grande admiration pour les œuvres d’orgue de Jean-Sébastien Bach :

« Mon professeur de Mulhouse m’avait si bien préparé que Widor, après une audition m’accepta pour élève, bien qu’il réservât son enseignement à la classe d’orgue du Conservatoire. Cet enseignement eut pour moi d’une importance décisive. Widor m’engagea à approfondir ma technique et à rechercher une exécution parfaite. »
[Albert Schweitzer, Ma Vie et ma pensée, Paris : Albin Michel, 1960, p. 11]

Le talent musical de Schweitzer se révèla dès l’enfance et il se fit une réputation internationale d’organiste et d’expert en construction d’orgues. Les récitals de Schweitzer lui apportèrent les revenus nécessaires pour la consolidation de ses études de médecine et pour la fondation, en 1913, de l’hôpital à Lambaréné en Afrique équatoriale française. Soulignant le caractère religieux de la musique de Bach dans un ouvrage qu’il lui consacra, Schweitzer préconisa un style d’interprétation neuf, simple et dépouillé, qui détermina par la suite la manière de jouer les œuvres de Bach.

Il n’était pas rare, les soirs où l’hôpital ne réclamait pas sa présence, qu’on entendit Schweitzer jouer des compositions de Bach, Widor, César Frank… il s’était tout d’abord habitué à penser que son activité en Afrique mettrait fin à sa vie d’artiste. Cependant il ne put résister, et l’idée lui vint d’employer son temps libre à perfectionner sa technique et à travailler en profondeur certains musiciens.
Prisonnier à Saint-Rémy-de-Provence

Tandis que la vie de l’hôpital s’organisait, en 1914 la guerre avait éclaté en Europe. La position des Schweitzer prit dès lors une allure dramatique; Alsaciens, donc, légalement Allemands ils devenaient d’emblée des suspects en territoire ennemi. Ils se retrouvèrent consignés dans leur case, avec interdiction de communiquer avec qui que ce soit. La stupeur régna alors sur l’hôpital et sur la mission, les malades étaient à l’abandon. Le docteur se plongea dans les travaux littéraires et philosophiques, sachant que en une telle conjoncture, discipliner l’esprit, c’est le sauver. Après de multiples démarches auprès du gouvernement, des mesures exceptionnelles d’élargissement furent prises en faveur des Schweitzer. Quelque temps plus tard, ils reçurent l’ordre de rentrer en France où ils seraient placés comme prisonniers des autorités françaises. Dans la cabine du bateau qui les ramène, ils sont consignés, sans aucun égard. A Bordeaux, les prisonniers logent dans des baraques inconfortables; le docteur souffre d’une dysenterie qui achève de l’épuiser. Puis c’est le départ dans le camp des Pyrénées et le transfert au printemps de 1918 au camp de Saint-Rémy-de-Provence réservé aux Alsaciens, où Schweitzer a les fonctions de médecin et de pasteur du camp. Libéré, il peut enfin gagner l’Alsace, ruiné et couvert de dettes. Après une opération chirurgicale à Strasbourg, il accepte lorsqu’il est rétabli un poste d’assistant en dermatologie à l’hôpital de la ville et une place à l’église Saint-Nicolas.

Pendant son incarcération, il écrivit Kulturphilosophie (1923), une étude philosophique de la civilisation. Il y aborda la pensée éthique à travers l’histoire et invita ses contemporains à mettre en œuvre une philosophie de respect de la vie.

C’est en 1919, par l’entremise de l’archevêque de Canterbury, qu’il reçoit une invitation pour une série de conférences et de récitals d’orgue en Suède. Par la suite Schweitzer peut régler ses dettes et poursuivre son redressement dans d’excellentes conditions. Il parcourt successivement la Suisse, la Suède, l’Angleterre, la Tchécoslovaquie, le Danemark. Mais il est cependant question d’un retour à Lambaréné.
Retour(s) à Lambaréné

Après avoir suivi des cours d’obstétrique et de chirurgie dentaire, des conférences d’hygiène tropicale, il réunit le nouvel équipement qu’il doit emporter et embarque seul pour l’Afrique le 21 février 1924. En effet, ni sa femme ni sa fille ne supporteraient le climat du Gabon. Il a 49 ans.

Ce qu’il retrouve à Lambaréné n’est que ruines : les toits sont troués, les cases des malades écroulées. Rapidement la reconstruction et l’extension de l’hôpital sont reprises. Médecin le matin, architecte l’après-midi, Schweitzer doit faire face à un nombre croissant de malades. Mais les nouveaux venus sont indisciplinés et détériorent tout ce qui est laissé à leur portée. De plus, les locaux reconstruits devenaient insuffisants. Schweitzer chercha, négocia et trouva un emplacement à 3 km du premier hôpital. Il fallut faire le chemin dans la forêt équatoriale et en un an, un nouvel hôpital décent avec des lits pour deux cents malades était construit.

A ce moment Schweitzer n’est plus tout à fait seul. Un condisciple de Strasbourg, le docteur Victor Nessmann est venu le rejoindre ainsi que le docteur Marc Lauterburg de Suisse, une infirmière Mlle Mathilde Kottmann, une deuxième infirmière Emma Hausknecht, et un jeune menuisier.

Quatre nouvelles années viennent de s’écouler, Il rejoint en Europe sa femme et sa fille Rhena. En 1928 il fit construire la petite maison de Gunsbach où il venait se reposer lors de ses séjours européens et où se trouvent aujourd’hui les archives et le musée. Il reprend alors une gigantesque tournée de concerts et de conférences. Les sommes d’argent qu’il gagne ne sont pas exclusivement réservées à Lambaréné mais aussi à des œuvres charitables :  » Là où la misère est par trop angoissante. »

En 1931, paraît la première étude importante le concernant (par le Professeur Regester, de Washington). Ses propres œuvres sont traduites en plusieurs langues.

A son retour à Lambaréné, sous son impulsion, l’hôpital est organisé, les régimes nécessités par certaines maladies sont préparés et servis par des infirmières. Chaque samedi soir hommes et femmes reçoivent en outre, un dédommagement en rapport avec le travail fourni.

Certes, l’aspect des rues de l’hôpital avant le grand nettoyage hebdomadaire n’a rien d’édifiant : les détritus de tous ordres souillent l’entrée des cases et le sol. On accuse l’hôpital de négligence et de saleté, surtout dans le quartier des indigènes ; mais, force est de reconnaître que ce qui a fait le succès de l’entreprise, c’est le soulagement et les guérisons obtenus, sinon, personne ne s’y rendrait plus. Sans doute, comme dans nos hôpitaux, l’excellence et l’urgence des soins donnés font passer sur les circonstances où l’on doit plonger pour y atteindre. Mais, a-t-on le droit de juger un homme, non sur son apport, mais sur ses manquements ? Quelquefois, le mérite l’emporte sur l’insuffisance, et c’est sans doute ainsi que Schweitzer s’est imposé à l’attention du monde
Philosophe

Éthique du respect de la vie

C’est en 1915, à peine deux ans après son arrivée à Lambaréné que l’idée du « Respect de la vie » lui est révélée.

Sur le plan philosophique, le concept du « Respect de la Vie », et ses analyses de l’échec de l’éthique occidentale ont conservé toute leur pertinence. Après une décision remarquable il se détourne provisoirement du passé; tourné vers l’avenir il s’attaque à l’étude des religions et approfondit son système philosophique du – « Respect de la vie » – (dont la base est empruntée à Gandhi plutôt qu’à François d’Assise): « l’éthique c’est, la reconnaissance de notre responsabilité envers tout ce qui vit, » écrit-il.

Dans « La philosophie de la civilisation » il étudie les raison de la décadence de celle-ci, qu’il attribue à la philosophie. La philosophie n’a pas su maintenir vivante en l’homme l’affirmation du monde. L’affaiblissement de cette affirmation signifie aussi le recul de l’éthique.

La décadence est due à la conception du monde, qui n’a pas su maintenir les idéaux de la renaissance et du stoïcisme qu’on redécouvre à cette époque. Mais la décadence est due aussi aux circonstances de la vie contemporaine qui refuse à l’individu l’occasion de penser indépendamment (le travail à la chaîne, l’importance des « groupes », les organismes de toutes sortes, la propagande, la science qui étant trop étendue, amène la résignation, car on ne peut plus la comprendre dans tout ses aspects). « L’élément essentiel de la civilisation est le perfectionnement éthique de l’individu aussi bien que de la société. Mais réciproquement tout progrès spirituel ou matériel a son importance pour la civilisation. La volonté de civilisation est donc une volonté universelle de progrès qui reconnaît l’éthique comme la plus haute des valeurs. Quelque importance que nous attachions à la science et au pouvoir humain, il est pourtant évident que seule une humanité poursuivant des fins morales peut bénéficier dans une pleine mesure des progrès rnatériels et triompher en même temps des dangers qui les accompagnent. »

Afin de lutter contre cette décadence, il faudra que l’homme comprenne que « l’éthique, en effet demande à l’homme de s’intéresser au monde. Elle comporte une élémentaire obligation d’activité. Par conséquent, dès qu’une conception négative du monde manifeste des tendances éthiques, elle est amenée à des concessions si importantes qu’en fait elle se renie » .

Les grands penseurs de l’Inde

Le respect de toute existence Schweitzer le trouve dans la pensée de l’Inde. Rendant hommage à la mystique hindoue de l’identité, dans son livre « Les grands penseurs de l’Inde », il l’a pourtant distinguée de la mystique personnaliste de la tradition biblique, qui dégage vivement l’homme du Grand Tout. (Les grands penseurs de l’Inde, Paris, Payot, 1936, 238 p.).

« La pensée qui est parvenue à la véritable profondeur est humble. Sa seule préoccupation est que la flamme qu’elle entretien brûle du feu le plus ardent et le plus pur, et non de savoir jusqu’où pénètre sa vérité. » Albert schweitzer, Les Grands penseurs de l’Inde.

« Plus d’une vérité est restée longtemps ou totalement sans effet, simplement parce que personne n’a envisagé qu’elle pût devenir réalité » (Albert Schweitzer – Discours de réception du Prix Nobel de la Paix – Oslo – 4 novembre 1954)

Défendant cette idée tout au long de sa vie, il rejoindra l’athée Einstein avec lequel il dénoncera le péril atomique en 1954, 1957, 1958, demandera en 1964 l’interdiction des courses de taureaux. Il voudra poursuivre son ouvrage sur la « Philosophie de la civilisation » dont le manuscrit est resté à Lambaréné.
Honneurs et reconnaissance

Il a été encouragé dans son œuvre par l’attribution du prix Goethe de la ville de Francfort (1928), de l’Ordre du Mérite britannique et de l’ordre du Mérite allemand, plusieurs diplômes de Docteur Honoris Causa (Cambridge, Oxford, Prague, Zurich…), Président d’honneur de l’Union Nationale pour l’Avenir de la Médecine, Médaille d’Or de la ville de Paris en 1955, Ordre du mérite de la Reine Elisabeth (Belgique) en 1955;

Il reçoit le Prix de la Paix de la Fédération allemande des Libraires (1951); la Médaille Paracelse et la Médaille du Prince Charles (Suède) lui ont également été décernées en 1952.

« Time Life »

Après la deuxième guerre mondiale, les Américains le découvrirent, et voilà, que contre son propre vœu, les trompettes de la renommée retentirent en 1947. Son apostolat qui avait été ignoré de tous pendant quarante ans fut révélé lorsque la revue « Time Life Magazin » le désigne comme « le plus grand homme du siècle. » Les Etats-Unis l’ont invité en 1949 par la voix d’Albert Einstein, qui le considérait comme une des rares personnalités phares de ce temps.

Académie des Sciences Morales et Politiques

La surprise à Paris fut totale, les Français pour réparer une injuste négligence le firent élire le 3 décembre 1951, membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques (Institut de France), il ne consacrera aucune notice à son prédécesseur, le maréchal Pétain, mais lira, le 20 décembre 1952, un texte sur le problème éthique dans l’évolution de la pensée humaine, texte qui empruntait beaucoup à son livre de 1935, « Les grands penseurs de l’Inde ».

Prix Nobel

En 1953, il est lauréat du Prix Nobel de la Paix 1952 qui lui est remis à Oslo le 4 novembre 1954; il est cité à l’ordre de la Nation de son vivant.

Lorsqu’éclate le grand mouvement qui va donner à l’Afrique son indépendance et faire reconsidérer par les nouveaux dirigeants noirs l’attitude de ce vieil homme blanc, son paternalisme devient synonyme de colonialisme. Certains journalistes critiquèrent ses méthodes arriérées. Les accusations se firent plus acerbes encore lorsque Schweitzer vantant les efforts poursuivis aux Etats-Unis par le Pasteur Luther King, déclarait que : « Les méthodes employées au Congo par Moïse Tschombé, étaient plus réalistes et plus constructives que celles de l’O.N.U. »

Le 23 avril 1957 il lance un appel contre l’arme atomique et les essais nucléaires sur les ondes de la radio norvégienne à Oslo. Cet appel a été diffusé par 140 autres stations autour du globe bien que plusieurs gouvernements, à l’est comme à l’ouest aient interdit cette diffusion.
Fin de vie

Fixé dans un des lieux les plus reculés de l’Afrique il décide d’y mourir loin de sa patrie et de sa famille : « Je vous appartiens, dit-il aux Gabonais, jusqu’à mon dernier souffle. » (1960).

Il fut incarné au cinéma par Pierre Fresnay dans Il est minuit, Docteur Schweitzer (1952), avec Jeanne Moreau dans le rôle de son infirmière Marie. Sa cousine Anne-Marie Schweitzer Sartre fut la mère de Jean-Paul Sartre.

Le quatre septembre 1965, il décède dans son hôpital à Lambaréné où il est enterré.

Que ce vieil Alsacien hautain et têtu ait été dépassé par un siècle qui n’était plus le sien, qu’il ait fini par appartenir plus à ses admirateurs qu’à lui-même, ne doit pas cependant faire oublier l’effort et le courage de ses débuts ainsi que 50 ans de vie pénible et solitaire, en marge de notre civilisation.

L’héritage le plus importante d’Albert Schweitzer reste son éthique du « Respect de la vie » sur lequel se fonde toute sa pensée, « (…) L’éthique n’est rien d’autre que le Respect de la vie. Le Respect de la vie me fournit le principe fondamental de la morale »

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Publié 1, juin 18, 2012 par NOUNOURS dans Uncategorized

4 réponses à “ALBERT SCHWEITZER

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  1. Voila enfin arrivée a le lire….c’est très bien …..Moi je suis incapable de faire ça et Surtout j’aime bien la photo…..Continue….Gros Bisousss de la Doudouce Sylvie ALI

  2. J’ai bien aimée la vidéo sur le
    Docteur … Si tout les Docteur était comme lui … Ils aurait moins de malade … Et pour conclure … Il ne Soignait pas pour de l’argent .. Il a réussie sa Vie en soignant tout le monde …
    Merci Bernard pour la Vidéo … La je comprend mieux tout ce qui a fait ..
    Bon Mercredi .. Gros Bisous Doudouce Sylvie ALI

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